Le Code du travail encadre précisément la consultation du CSE en cas d’inaptitude : calendrier obligatoire, documents à transmettre, exceptions applicables et risques juridiques en cas de manquement.
Consultation du CSE en cas d’inaptitude du salarié
Le Code du travail, dans son chapitre consacré à la maladie, à l’accident et à l’inaptitude médicale, encadre précisément la procédure : lorsqu’un salarié est déclaré inapte, l’employeur a une obligation de recherche de reclassement, doit solliciter le médecin du travail, puis consulter le CSE avant toute décision. Pour situer ce cadre, vous pouvez consulter le texte de référence sur la consultation CSE inaptitude, qui reprend les règles applicables au reclassement du salarié inapte, à la proposition de reclassement et, en dernier recours, au licenciement pour inaptitude.
Dès qu’un salarié est déclaré inapte par le médecin du travail, l’employeur doit engager une procédure stricte. La consultation CSE inaptitude intervient avant la proposition de reclassement comme avant tout licenciement, y compris le licenciement pour inaptitude.

Quand l’employeur doit consulter le CSE
La consultation du CSE est obligatoire après l’avis d’inaptitude rendu par le médecin du travail et avant que l’employeur n’arrête sa décision. En pratique, il faut consulter le CSE avant toute proposition de reclassement, avant l’engagement de la procédure de licenciement et donc avant l’entretien préalable au licenciement pour inaptitude.
- Origine de l’inaptitude : l’obligation vaut en cas d’inaptitude d’origine professionnelle comme non professionnelle, sur le fondement des articles L. 1226-2 et L. 1226-10 du Code du travail.
- Comité compétent : c’est le comité de l’établissement auquel appartient le salarié qui doit être réuni en séance plénière : ni la CSSCT ni une commission ne peuvent se substituer à cette consultation obligatoire du CSE.
- Délais légaux : le délai de consultation est en principe d’un mois, porté à deux mois si un expert est désigné; ces délais s’imposent à l’employeur.
La décision de licenciement peut alors être contestée, avec un risque de dommages-intérêts et, selon les cas, de sanction pénale; sur ce point, la fiche de la DREETS relative à l’consultation CSE inaptitude donne un repère utile.
Quelles informations transmettre au CSE avant la consultation
Dans une consultation CSE inaptitude avec reclassement, l’employeur doit remettre des éléments complets avant la réunion. Trois jours avant la séance constituent le minimum pratique recommandé : une transmission tardive ou incomplète expose l’employeur à une contestation de l’avis rendu.
- Conclusions médicales : les conclusions écrites et indications du médecin du travail doivent être communiquées, car elles fondent la recherche de reclassement et le reclassement du salarié déclaré inapte.
- Possibilités de reclassement : les postes disponibles, leur localisation, leur classification et les adaptations envisageables doivent être présentés de façon précise.
- Impacts sur l’organisation : les modifications de poste, d’horaires ou de service doivent être exposées pour permettre un avis utile sur le reclassement.
À l’inverse, une note imprécise ne suffit pas. Les élus doivent pouvoir vérifier les possibilités de reclassement, apprécier la cohérence de la proposition de reclassement et contrôler si l’employeur a réellement recherché une solution adaptée; même principe que pour les autres consultations sensibles, comme l’expliquent les ressources sur la consultation CSE.
Reclassement du salarié inapte et rôle du CSE
En séance, le CSE intervient sur le fond du dossier : vérifier la recherche de reclassement, interroger le périmètre retenu et apprécier si le reclassement proposé reste compatible avec les préconisations du médecin du travail. L’employeur doit rechercher un emploi aussi comparable que possible à l’ancien poste, dans l’entreprise et, le cas échéant, dans le groupe sur le territoire national.
Le reclassement du salarié déclaré inapte doit être recherché dans le mois suivant l’examen médical de reprise. Passé ce délai, si aucun reclassement ni licenciement n’est intervenu, l’employeur doit reprendre le versement du salaire au salarié.
En complément, le comité peut demander si des aménagements de poste ont été étudiés, si les offres étaient suffisamment précises et si l’absence de solution est objectivement démontrée. Si l’employeur omet de consulter le CSE, limite artificiellement la recherche de reclassement ou organise un licenciement sans base sérieuse, les élus peuvent utilement se référer à la ressource Joriana sur le délit d’entrave CSE.
Exceptions et cas particuliers liés à l’inaptitude du salarié
La consultation du CSE n’est pas requise dans tous les cas d’inaptitude. Le code du travail prévoit des hypothèses précises de dispense, tandis qu’une procédure renforcée s’applique lorsque le salarié est protégé.

Quand la consultation du CSE est-elle dispensée ?
La consultation du CSE cesse d’être obligatoire si le médecin du travail indique expressément dans l’avis que le maintien du salarié dans un emploi serait gravement préjudiciable à sa santé, ou que son état de santé fait obstacle à tout reclassement. Dans ces deux situations, l’employeur est dispensé de rechercher un reclassement et de consulter le CSE.
- Mention expresse obligatoire : l’avis d’inaptitude doit contenir clairement l’une de ces formules, à défaut, l’obligation de consulter subsiste.
- Obstacle à tout reclassement : lorsque l’avis mentionne un obstacle à tout reclassement, ou que le salarié fait obstacle au reclassement dans les conditions prévues, l’employeur peut engager la procédure de licenciement sans rechercher un reclassement.
- Aptitude avec réserves : elle ne vaut pas inaptitude au sens du code du travail et ne déclenche pas la consultation du CSE.
Dès lors que cette dispense s’applique, l’employeur doit tout de même informer le salarié par écrit des motifs qui empêchent le reclassement avant le licenciement. Le délai d’un mois suivant l’examen médical de reprise reste identique : si aucune mesure n’est prise dans ce délai, le maintien du salaire s’impose jusqu’à la reprise, au reclassement ou à la rupture du contrat.
Inaptitude du salarié protégé : procédure spécifique
La consultation du CSE en cas d’inaptitude d’un salarié protégé suit un enchaînement strict : déclaration d’inaptitude par le médecin du travail, consultation du CSE, puis saisine de l’inspection du travail pour autorisation de licenciement. La différence se joue sur l’ordre des actes : l’employeur doit consulter le CSE avant toute demande administrative, faute de quoi la procédure peut être annulée.
En complément, cette obligation vaut pour les représentants du personnel concernés, qu’il s’agisse des membres élus du CSE ou des représentants du personnel désignés dans les entreprises de moins de 11 salariés dotées d’un accord de représentation. Dans la pratique syndicale, il faut vérifier que l’avis du CSE figure bien au dossier transmis à l’administration.
Conséquences et formalisation de la consultation pour inaptitude
La régularité de la consultation du CSE ne tient pas à la seule réunion. En droit du travail, elle se vérifie à trois niveaux : la chronologie de la procédure, la qualité du procès-verbal et la réalité de l’avis rendu avant toute décision de l’employeur sur le reclassement ou le licenciement pour inaptitude.

Modèle de PV de consultation CSE pour inaptitude
En séance, le point décisif consiste à recueillir l’avis du CSE dans des conditions traçables. Un modèle pv consultation cse inaptitude, ou à défaut un modèle pv consultation cse adapté, permet de sécuriser la consultation préalable du CSE : il établit que les élus ont disposé des informations utiles et que l’employeur a satisfait à son obligation de consulter.
- Identification de la séance : date, lieu, noms des présents, ordre du jour et pièces remises par l’employeur.
- Résumé des échanges : questions des élus, réponses apportées, éléments relatifs à l’inaptitude, au reclassement envisagé ou à son impossibilité.
- Observations et réserves : toute pièce manquante, contradiction ou réponse incomplète relevée pendant la consultation du CSE.
- Avis motivé : sens du vote, arguments retenus et mention expresse du fait que le comité a pu rendre son avis en connaissance de cause.
Une fois le mandat pris, le calendrier doit aussi être maîtrisé : l’employeur doit recueillir l’avis du CSE avant de notifier le licenciement. Le procès-verbal peut être signé après la réunion, mais l’avis doit être daté et clairement rattaché à la séance concernée.
À l’inverse, un avis défavorable n’interdit pas à l’employeur de poursuivre la procédure de licenciement pour inaptitude. Encore faut-il que l’obligation de consulter ait été respectée jusqu’au bout. Si aucun avis n’est rendu dans le délai applicable, le comité est réputé avoir été consulté selon les règles prévues, mais la décision ne peut pas être prise avant l’échéance.
Sanctions en cas de non-respect de la procédure de reclassement
Dès lors que l’employeur engage un licenciement pour inaptitude sans consulter le CSE, ou sans recueillir l’avis du CSE avant la rupture, la procédure devient contestable à la racine.
Dans la pratique syndicale, le défaut de consultation du CSE n’a pas les mêmes effets selon l’origine de l’inaptitude, comme le détaille le tableau ci-dessous.
| Situation | Sanction civile | Sanction pénale |
| Absence de consultation : inaptitude professionnelle | Nullité du licenciement + indemnité ≥ 6 mois de salaire | Délit d’entrave : amende jusqu’à 7 500 € et 1 an d’emprisonnement |
| Absence de consultation : inaptitude non professionnelle | Licenciement sans cause réelle et sérieuse (barème Macron, 0,5 à 3 mois selon ancienneté) | Délit d’entrave : même régime pénal applicable |
| Consultation jugée frauduleuse (projet figé avant CSE) | Annulation de la procédure et dommages-intérêts | Amende jusqu’à 37 500 € pour personne morale |
En complément, une consultation du CSE seulement apparente expose aussi l’employeur. Si la décision de reclassement ou de licenciement est en réalité arrêtée avant la réunion, la consultation préalable du CSE peut être jugée frauduleuse.
Recours des élus face à une consultation irrégulière
Lorsque l’employeur manque à son obligation de consulter, les élus ont intérêt à formaliser immédiatement leurs réserves. Il faut demander par écrit la reprise de la procédure, en visant expressément l’absence de consultation, l’insuffisance des informations fournies ou l’impossibilité de recueillir l’avis dans des conditions normales. Ce courrier constitue souvent la première pièce utile en cas de contentieux.
Dès lors que la régularisation n’intervient pas, l’inspection du travail peut être saisie. Elle enquête, constate le cas échéant le défaut de consultation du CSE et peut dresser procès-verbal. Le délai de prescription pénale est de trois ans à compter des faits. Un CSE d’au moins cinquante salariés peut aussi décider d’une action en justice après un vote formel à la majorité, afin de faire reconnaître l’irrégularité de la procédure et ses conséquences pour le salarié concerné.
Foire aux questions
L’employeur doit-il obligatoirement consulter le CSE avant tout licenciement pour inaptitude ?
Oui. La consultation du CSE est obligatoire avant toute proposition de reclassement et avant tout licenciement pour inaptitude, que l’inaptitude soit d’origine professionnelle ou non. Le Code du travail impose à l’employeur de consulter le CSE dans cette procédure, y compris lorsqu’il estime être en situation d’impossibilité de reclassement.
À l’inverse, cette consultation obligatoire du CSE disparaît seulement si l’avis du médecin du travail mentionne expressément que le maintien du salarié dans un emploi serait gravement préjudiciable à sa santé ou qu’il existe un obstacle à tout reclassement. Il en va de même lorsque le salarié fait obstacle à la recherche d’une solution, sans pour autant effacer les vérifications attendues en séance sur le contenu de l’avis médical.
Quels sont les droits du salarié déclaré inapte en matière de reclassement ?
Le salarié déclaré inapte doit recevoir, lorsque cela reste possible, une proposition de reclassement aussi comparable que possible à son emploi précédent, en tenant compte des indications du médecin du travail. L’employeur doit rechercher un reclassement dans l’entreprise et, s’il y a lieu, dans le groupe situé sur le territoire national. Dans la pratique syndicale, la différence se joue sur la traçabilité : postes étudiés, adaptations envisagées et consultation du CSE menée avant la proposition de reclassement.
En complément, le salarié dispose d’un délai minimal de quinze jours pour répondre à une offre. Si aucun reclassement n’aboutit, l’employeur doit notifier par écrit au salarié les motifs de l’impossibilité de reclassement avant d’engager la procédure de licenciement. Passé un mois après l’avis d’inaptitude, si le salarié n’est ni reclassé ni licencié, sa rémunération doit reprendre.
Que risque l’employeur en cas de défaut de consultation du CSE pour inaptitude ?
Le défaut de consultation du CSE fragilise directement le licenciement. Si l’employeur omet de consulter le CSE alors que cette formalité est obligatoire, le licenciement pour inaptitude peut être requalifié en licenciement sans cause réelle et sérieuse, voire annulé en cas d’inaptitude d’origine professionnelle.
Dès lors que la procédure est irrégulière, le salarié peut obtenir des dommages-intérêts et, selon le cas, une indemnité spéciale d’au moins six mois de salaire. Le Code du travail prévoit aussi le délit d’entrave : l’article L. 2317-1 expose la personne physique à 7 500 euros d’amende et un an d’emprisonnement, et la personne morale à 37 500 euros.