Les mesures d’accompagnement du licenciement économique auxquelles vous pouvez prétendre couvrent le PSE, le CSP, le congé de reclassement, la priorité de réembauche, l’indemnité de rupture, le préavis et l’indemnisation.
Le PSE et le licenciement économique : quelles mesures sociales ?
Avant tout licenciement pour motif économique, l’employeur doit rechercher des solutions pour éviter les suppressions de postes ou en limiter le nombre : reclassement interne, adaptation au poste, formation et, le cas échéant, mesures d’accompagnement inscrites dans un plan de sauvegarde de l’emploi. Le Code du travail, dans sa mesures accompagnement licenciement, encadre précisément cette sauvegarde de l’emploi. Joriana accompagne les élus du CSE pour vérifier, dès la prise de mandat, la réalité de ces démarches.

Quand le PSE est-il obligatoire ?
Le plan de sauvegarde de l’emploi s’impose dans les entreprises d’au moins 50 salariés lorsqu’un licenciement collectif d’au moins 10 salariés est envisagé sur 30 jours. En dessous de ces seuils, le PSE n’est pas obligatoire, mais l’obligation de reclassement, l’accompagnement et la consultation du CSE demeurent. Le détail de la procédure est développé dans le guide sur l’accompagnement licenciement économique.
- Seuil direct : 10 salariés ou plus licenciés sur 30 jours calendaires dans une entreprise d’au moins 50 salariés.
- Cumul trimestriel : plus de 10 licenciements sur 3 mois consécutifs, même si le seuil n’est pas franchi sur une seule période de 30 jours.
- Cumul annuel : 18 licenciements sur une année civile, avec un risque de déclenchement rétroactif de la procédure adaptée.
- Requalification judiciaire : un étalement artificiel des suppressions de postes peut être requalifié par la DREETS ou le juge.
À l’inverse, l’absence de plan de sauvegarde obligatoire peut conduire à la nullité de la procédure. L’indemnisation peut alors atteindre 12 mois de salaire brut par salarié.
Restructuration : quelles indemnités pour les salariés licenciés ?
En cas de motif économique lié à une restructuration, l’indemnité versée au salarié repose d’abord sur le minimum légal. Peuvent s’y ajouter des dispositions conventionnelles, une aide à la mobilité, des mesures d’accompagnement négociées, voire des sommes supra-légales prévues par le plan de sauvegarde. Le CSE peut s’appuyer sur le guide consacré aux mesures accompagnement licenciement pour contrôler cette cohérence.
- Indemnité légale de licenciement : un quart de mois de salaire par année d’ancienneté jusqu’à 10 ans, puis un tiers au-delà.
- Indemnité compensatrice de préavis : elle est due si le préavis n’est pas exécuté.
- Indemnité compensatrice de congés payés : elle couvre les congés acquis non pris à la date de rupture du contrat.
- Indemnités supra-légales : elles peuvent résulter de la convention collective ou du PSE et financer, par exemple, une aide, une mobilité ou un projet de retour à l’emploi.
La vérification du dossier reste déterminante : motif économique réel, procédure régulière, ordre des licenciements, contenu des mesures sociales et portée des engagements de reclassement. Si l’irrégularité est grave, le juge peut prononcer la nullité du licenciement économique et accorder une indemnisation minimale de 12 mois de salaire brut, en plus des sommes liées à la rupture du contrat. La formation Joriana aide les élus à repérer ces points en séance.
Reclassement interne : première obligation de l’employeur
Avant la rupture du contrat, l’employeur doit mener un reclassement interne loyal et sérieux. La recherche porte sur les postes disponibles dans l’entreprise et, s’il y a lieu, dans le groupe sur le territoire national : l’offre doit être écrite et préciser l’intitulé du poste, la classification, la rémunération, la localisation et la nature du contrat. Le salarié dispose d’un délai minimal de 15 jours pour répondre.
Dès lors que ce reclassement est insuffisant, le licenciement pour motif économique peut être contesté. L’obligation ne se limite pas à transmettre des offres : elle suppose aussi une adaptation au poste, une formation préalable si nécessaire et un accompagnement vers le maintien dans l’emploi. Selon la taille de l’entreprise et la procédure engagée, cet accompagnement peut ensuite prendre la forme d’un CSP, d’un congé de reclassement, d’une priorité de réembauche ou d’autres mesures d’accompagnement prévues par le plan de sauvegarde de l’emploi.
Le CSP dans le licenciement économique : préavis et indemnisation
Le contrat de sécurisation professionnelle est le dispositif de référence en matière d’accompagnement, d’aide au retour à l’emploi et d’indemnisation lorsqu’un licenciement pour motif économique intervient dans une entreprise de moins de 1 000 salariés. Il modifie directement le préavis, les conditions de rupture du contrat et le niveau d’allocation versé au salarié. La différence se joue sur un point très concret : le choix doit être fait rapidement, alors même que ses effets financiers sont immédiats.

Conditions d’accès et délai de réflexion de 21 jours
En cas de licenciement économique, l’employeur doit proposer le CSP au salarié concerné : lors de l’entretien préalable, ou à l’issue de la dernière réunion du CSE quand la procédure passe par une consultation. Ce contrat de sécurisation professionnelle s’adresse aux salariés qui justifient d’au moins un an d’ancienneté, ou, à défaut, qui remplissent les conditions d’ouverture de droits à l’ARE.
Dès lors que les documents sont remis, un délai de 21 jours calendaires court pour se prononcer. L’acceptation du CSP emporte rupture du contrat de travail à l’issue de ce délai, sans exécution du préavis. En revanche, si le salarié refuse, ou garde le silence, la procédure de licenciement économique suit son cours normal avec préavis classique.
La durée du CSP est en principe de 12 mois. Elle peut être portée à 15 mois lorsqu’une reprise d’emploi intervient pendant le parcours, selon les règles de suspension et de reprise du dispositif. Ce repère compte en séance : il conditionne à la fois le calendrier de reclassement et la bascule vers l’indemnisation de fin de parcours.
Qui paye pendant le préavis et le délai CSP ?
Durant les 21 jours de réflexion, le contrat de travail n’est pas rompu : l’employeur doit verser la rémunération habituelle. Dans la pratique syndicale, c’est un point à vérifier sans attendre sur le bulletin de paie et sur les dates portées dans les courriers.
Une fois l’acceptation du CSP acquise, la rupture du contrat intervient sans exécution du préavis. Il n’y a donc pas d’indemnité compensatrice de préavis, sauf pour la fraction excédant 3 mois lorsque le préavis applicable est plus long : cette part reste due au salarié. L’indemnité légale ou conventionnelle de licenciement, elle, demeure intégralement due, indépendamment de l’adhésion au dispositif.
À l’inverse, sans adhésion au dispositif, le salarié exécute son préavis ou perçoit l’indemnité correspondante selon les règles ordinaires. À privilégier quand le CSE examine le dossier : faites préciser noir sur blanc la date de rupture du contrat et le traitement exact du préavis.
Allocation de sécurisation professionnelle, reclassement et droits financiers
L’allocation de sécurisation professionnelle constitue le revenu principal pendant le CSP. Pour les salariés ayant au moins un an d’ancienneté, son montant correspond à 75 % du salaire journalier brut de référence, sans délai d’attente ni différé d’indemnisation. À l’inverse, ceux qui ont moins d’un an d’ancienneté relèvent de l’allocation d’aide au retour à l’emploi, calculée sur les règles de l’ARE classique.
En complément, le dispositif prévoit un accompagnement structuré : référent dédié, bilan de compétences, actions de formation et périodes de travail en CDD ou en intérim. Ces périodes d’emploi suspendent le CSP, puis le parcours reprend jusqu’à son terme. Même principe que pour les attributions économiques : il faut regarder à la fois le revenu de remplacement et les outils concrets de retour à l’emploi.
- Indemnité différentielle de reclassement (IDR) : elle peut être versée si le bénéficiaire retrouve un emploi moins rémunéré avant la fin du dispositif; son montant est plafonné à 50 % des droits restants.
- Prime de reclassement : elle peut être attribuée si un emploi est repris avant la fin du 10e mois; elle correspond à la moitié des droits restants et est versée en deux fois.
- Relais ARE en fin de parcours : à défaut de reprise d’emploi, l’inscription à Pôle emploi permet de prendre le relais au titre de l’ARE, sans délai d’attente, pour une durée réduite des jours déjà indemnisés.
Enfin, l’acceptation du CSP ne ferme pas la voie d’un contentieux sur le motif économique. La contestation du licenciement pour motif économique reste possible pendant 12 mois à compter de l’adhésion. Ce que le terrain enseigne : il faut distinguer l’acceptation du dispositif d’accompagnement de la reconnaissance du bien-fondé du licenciement économique ou d’un éventuel PSE.
| Critère | CSP (entreprise < 1 000 salariés) | Congé de reclassement (≥ 1 000 salariés) |
| Délai d’acceptation | 21 jours calendaires | 8 jours calendaires |
| Durée maximale | 12 mois (15 mois avec activité) | 12 mois (24 mois avec reconversion) |
| Allocation versée | 75 % du salaire brut de référence (ASP) | 65 % du salaire brut (au-delà du préavis) |
| Exécution du préavis | Non exécuté (rupture immédiate) | Le congé peut couvrir la période de préavis |
| Financement | Employeur + France Travail | Employeur intégralement |
En présence d’un PSE, le contrat de sécurisation professionnelle ne remplace pas le contrôle du motif économique ni les obligations de reclassement.
Congé de reclassement et autres mesures pour salariés licenciés
Au-delà du CSP, d’autres dispositifs organisent l’accompagnement des salariés visés par un licenciement économique. Leur mise en œuvre dépend à la fois de l’effectif de l’entreprise, du motif économique invoqué et, le cas échéant, de l’existence d’un plan de sauvegarde de l’emploi. Mieux vaut les identifier tôt : certains droits se perdent faute de réponse dans les délais.

Congé de reclassement : conditions, durée et rémunération
Le congé de reclassement concerne les entreprises ou groupes d’au moins 1 000 salariés en cas de licenciement économique. Il est exclu en cas de redressement ou de liquidation judiciaire. Le salarié dispose de 8 jours calendaires à compter de la notification de la lettre de licenciement pour accepter ou refuser la proposition; passé ce délai, le silence vaut refus, d’où l’intérêt d’un repérage précis dès la prise de mandat.
Ce congé peut durer jusqu’à 12 mois. La durée monte à 24 mois lorsqu’un parcours de formation de reconversion longue est prévu, avec des actions adaptées au projet de reclassement. Dans la pratique syndicale, un bilan de compétences en début de parcours permet souvent de mieux cibler l’accompagnement, la mobilité envisagée et le retour à l’emploi.
Des périodes de travail en CDD ou en intérim restent possibles, avec un renouvellement une fois. Elles suspendent le congé de reclassement, puis celui-ci reprend jusqu’à son terme initial.
- Pendant le préavis : le salarié perçoit sa rémunération habituelle intégrale, financée par l’employeur.
- Au-delà du préavis : la rémunération est fixée à 65 % du salaire brut moyen des 12 derniers mois, avec un minimum de 85 % du SMIC.
- Financement : le coût du congé de reclassement est entièrement supporté par l’employeur, sans aide de France Travail.
Un parcours long avec formation qualifiante peut déboucher sur un emploi durable plutôt que sur une réinsertion précaire. La différence se joue sur la réactivité dans les 8 jours.
Priorité de réembauche après licenciement économique
La priorité de réembauche s’applique à tout salarié licencié pour motif économique, quelle que soit la taille de l’entreprise. Elle court pendant 12 mois à compter de la fin du préavis, exécuté ou non, et la lettre de licenciement doit la mentionner expressément. Pour activer cette priorité, le salarié doit en faire la demande par écrit dans ce délai.
Une fois la demande formulée, l’employeur doit informer l’intéressé des postes disponibles compatibles avec sa qualification. Cette priorité peut aussi jouer sur un autre emploi si le salarié a acquis entre-temps une compétence nouvelle, notamment grâce à une formation, et l’a signalée par écrit. En complément, le salarié peut demander par écrit les critères retenus pour fixer l’ordre des licenciements collectifs.
Aides à la mobilité et dispositifs complémentaires de reclassement
Dès lors qu’un plan de sauvegarde de l’emploi (PSE) est mis en place, d’autres leviers peuvent être négociés. Le congé de mobilité en fait partie : distinct du congé de reclassement, il repose sur un accord collectif et permet d’organiser une mobilité externe avec accompagnement vers un nouvel emploi. À privilégier quand le CSE veut obtenir un cadre plus souple pour certains parcours.
En complément, le PSE peut prévoir une aide financière, des actions de maintien dans l’emploi et un accompagnement renforcé pour les salariés dont le reclassement est plus difficile. Ce que le terrain enseigne, c’est que l’efficacité du dispositif dépend du niveau de précision obtenu en négociation : budget, public visé, calendrier, opérateur chargé de l’accompagnement et articulation avec la formation.
- Aide à la création ou à la reprise d’entreprise : financement, accompagnement spécialisé et prise en charge de frais selon les règles fixées par le PSE.
- Frais de mobilité : déménagement, installation, recherche de logement et, le cas échéant, congé dédié à cette recherche.
- Actions de formation qualifiantes : VAE, certifications et formations qualifiantes pour faciliter le reclassement externe.
- Mesures ciblées : dispositifs adaptés aux salariés âgés, en situation de handicap ou exposés à des difficultés particulières de retour à l’emploi.
Ces mesures d’accompagnement des salariés licenciés doivent être suivies dans le temps. L’employeur adresse à la DREETS un bilan d’exécution dans le mois suivant l’achèvement du plan, et le CSE est consulté sur la mise en œuvre effective des engagements.
Foire aux questions
Quelle aide en cas de licenciement économique dans une entreprise de moins de 50 salariés ?
Dans une entreprise de moins de 50 salariés, l’absence de PSE ne supprime pas les garanties attachées au licenciement économique. L’employeur doit justifier le motif économique, mettre en œuvre un reclassement interne sérieux et, si les seuils sont atteints, consulter le CSE dans le cadre de la procédure de licenciement économique : à partir de 11 salariés dans l’entreprise lorsque le projet concerne au moins 2 salariés sur 30 jours.
En complément, il doit proposer le CSP à chaque salarié éligible. Cette aide s’ajoute aux droits financiers classiques : indemnité légale de rupture, préavis ou indemnité compensatrice si ce préavis n’est pas exécuté, et priorité de réembauche pendant 12 mois. La différence se joue sur la qualité du reclassement et le respect formel de la procédure : en cas de manquement, le juge peut accorder des dommages-intérêts complémentaires.
Quelles sont les mesures alternatives au licenciement économique que l’employeur doit envisager ?
Cela passe notamment par l’aménagement du temps de travail, l’adaptation des postes, la mobilité interne volontaire, la formation vers un emploi disponible et, selon la situation, le recours à l’activité partielle.
Dès lors que ces recherches sont insuffisantes, le motif économique peut être contesté. Dans la pratique syndicale, ce contrôle porte aussi sur la réalité des offres de reclassement interne : elles doivent être précises, loyales et compatibles avec les compétences du salarié, quitte à prévoir une adaptation rapide. À défaut, le licenciement économique, y compris dans un contexte de licenciement collectif, peut être jugé sans cause réelle et sérieuse.
Comment contester un licenciement économique après avoir accepté le CSP ?
L’ acceptation du CSP n’empêche pas de contester le licenciement économique. Le salarié dispose d’un délai de 12 mois à compter de l’adhésion au CSP, à condition que cette mention figure dans le document remis par l’employeur lors de la proposition individuelle formalisée.
Une fois le mandat pris côté défense, le contentieux porte d’abord sur la réalité du motif économique, puis sur le respect de la procédure de licenciement économique et, enfin, sur l’effectivité des offres de reclassement. Si le projet relevait d’un licenciement collectif, le juge vérifie aussi les obligations propres au dossier, même sans PSE dans les petites entreprises. En cas de succès, le salarié peut obtenir une indemnité complémentaire, sans perdre les droits déjà ouverts au titre du dispositif, ni sa priorité de réembauche lorsqu’elle a été demandée dans les formes.