Absence de candidat au premier tour : procédure obligatoire
Même en l’absence totale de candidature, l’élection du CSE doit se dérouler selon un calendrier bien précis. L’employeur doit organiser les élections selon le calendrier légal et, si le premier tour ne permet pas de pourvoir les sièges, un second tour doit être organisé dans les conditions prévues par le Code du travail. Une absence candidat CSE représente une situation qui nécessite une grande rigueur administrative ainsi qu’une communication transparente envers le personnel.

Quelles démarches pour le premier tour sans candidat ?
Lors d’une absence de candidature au 1er tour, l’employeur doit formaliser le constat de carence par un procès-verbal, en respectant le calendrier électoral prévu et les modalités définies par le protocole d’accord préélectoral. Le procès-verbal constate la carence constatée à l’issue du premier tour et, le cas échéant, permet l’organisation du second tour dans le délai légal. Cette démarche permet d’établir une preuve officielle de l’absence de candidature, ce qui est essentiel d’un point de vue juridique.
- Affichage obligatoire : l’avis d’élection doit être publié trente jours avant le premier tour, en indiquant clairement les conditions d’éligibilité.
- Délai de candidature : les organisations syndicales disposent d’un délai de trente jours pour remettre leurs listes de candidats à l’employeur.
- Installation du bureau : le bureau de vote est constitué selon les modalités prévues, et il constate formellement l’absence de bulletins ou de listes de candidats lors du premier tour.
- Procès-verbal du premier tour : le procès-verbal du premier tour constate l’absence de candidatures ou l’issue du scrutin et permet, le cas échéant, l’organisation du second tour dans le délai légal..
L’employeur n’a pas le droit de passer outre ces étapes, même si le résultat du vote semble déjà acquis. Ce formalisme protège juridiquement l’entreprise et témoigne de sa volonté de mettre en place le comité social et économique dans le strict respect de la loi.
Comment organiser le second tour après carence ?
Le second tour doit être organisé dans un délai maximum de 15 jours après le constat de carence du premier tour, selon le calendrier fixé par le protocole préélectoral. Les candidatures individuelles d’éligibles sont alors reçues pendant ce délai. Au second tour, des candidatures individuelles de salariés éligibles peuvent être présentées conformément aux règles du Code du travail. Cette souplesse vise à encourager les vocations au sein du collège électoral.
Différences selon la taille de l’entreprise
Dans les entreprises de 11 à 20 salariés, la procédure peut être allégée lorsque, dans les 30 jours suivant l’information des salariés, aucun salarié ne s’est porté candidat ; la portée exacte de cette dispense doit être formulée avec prudence, car l’interprétation administrative a évolué. Il doit toutefois établir un procès-verbal de carence. Cette exception a pour objectif d’alléger les démarches administratives pour les plus petites structures.
En revanche, les entreprises de vingt-et-un salariés et plus doivent impérativement suivre l’intégralité de l’organisation électorale. Le protocole d’accord préélectoral reste obligatoire, le calendrier ne peut être interrompu, et un procès-verbal de carence doit être établi si aucun candidat ne se présente au second tour. Cette distinction souligne l’importance croissante du dialogue social à mesure que la taille de l’effectif augmente.
Rédaction et validité du procès-verbal de carence
En l’absence de candidat aux élections professionnelles pour le comité social et économique, l’employeur doit enclencher la procédure de carence CSE prévue par la loi. Une nouvelle organisation d’élections est possible après 6 mois suivant le PV de carence, sur demande écrite d’un salarié ou syndicat, ou initiative employeur ; elle suit un processus complet sans raccourci.
Le procès-verbal de carence doit être transmis dans les 15 jours à l’administration compétente et porté à la connaissance des salariés par un moyen permettant de dater cette information.
Contenu obligatoire et délais de transmission du PV
Le procès-verbal de carence doit être établi sur le formulaire adapté, comporter les mentions utiles à l’identification de l’entreprise et constater l’absence de candidatures ou l’échec du processus électoral. Il convient d’y indiquer les éléments essentiels du processus électoral et la carence constatée, sans surcharger le document de mentions non indispensables.
Un PV incomplet ou erroné peut fragiliser la preuve de la carence et être contesté. L’employeur doit donc s’assurer scrupuleusement de l’exactitude des données reportées.
- Formulaire CERFA : ce document officiel s’obtient auprès de l’inspection du travail ou peut être téléchargé directement sur le site ministériel.
- Transmission : le PV original est envoyé à l’inspection du travail (DREETS/CTEP) dans les 15 jours par courrier recommandé ou téléservice ; une copie est conservée par l’employeur et portée à connaissance des salariés par affichage daté ou email avec AR.
- Délai de transmission : l’envoi doit être effectué dans les quinze jours suivant le second tour, par courrier recommandé ou via le téléservice dédié.
Les salariés doivent être informés par un moyen permettant d’attester la date de cette information. Cette démarche de transparence légitime la carence constatée et garantit une information claire pour l’ensemble du personnel.
Durée de validité et suspension des obligations électorales
Le nombre de sièges initialement prévu pour l’élection reste vacant tant qu’aucune nouvelle élection n’est organisée ou qu’aucune demande formelle n’est présentée par un salarié ou une organisation syndicale après l’établissement du PV de carence. En pratique, le PV de carence permet à l’employeur de justifier l’absence de CSE pendant la durée du cycle électoral, mais il doit relancer des élections dès qu’une demande écrite intervient après un délai de six mois, ou s’il décide lui‑même d’anticiper la mise en place de l’instance.
Toutefois, cette période sans élus ne dispense pas l’entreprise de ses obligations légales en matière d’information et de consultation des salariés. Les missions habituelles, notamment dans le domaine de la santé et de la sécurité au travail, incombent toujours à l’employeur, sans qu’il soit correct d’affirmer une obligation générale de provisionnement du budget de fonctionnement en période de carence.
Conditions d’éligibilité pour l’élection du CSE
Le code du travail fixe précisément les conditions requises pour se présenter aux élections professionnelles. Ces règles s’appliquent de manière obligatoire, qu’il y ait une absence de candidature initiale ou non. Il est essentiel de comprendre qui peut être élu CSE et qui peut être éligible CSE pour susciter des candidatures après un premier tour sans participation.

Qui peut se présenter aux élections du CSE ?
Pour déterminer qui peut être élu CSE, il faut vérifier les conditions légales d’éligibilité prévues par le Code du travail, notamment l’âge, l’ancienneté et les incompatibilités liées aux fonctions du salarié.
- Âge minimum : le candidat doit avoir au moins 18 ans au jour du scrutin, sans condition d’âge maximal.
- Ancienneté requise : une ancienneté ininterrompue de 12 mois dans l’entreprise est nécessaire, quel que soit le type de contrat.
- Situation de proximité avec l’employeur : ne peuvent être élus les salariés qui disposent d’un pouvoir les assimilant à l’employeur ou qui se trouvent, en raison de leurs fonctions ou de leur lien avec lui, dans une position incompatible avec un mandat de représentation du personnel. Les situations familiales ou de proximité doivent être appréciées au regard de cette règle et, le cas échéant, de la jurisprudence.
- Règlement intérieur : le règlement intérieur ne peut pas restreindre de manière générale ou arbitraire les conditions d’éligibilité fixées par le code du travail. Le règlement intérieur du CSE ne peut pas ajouter de conditions d’éligibilité contraires au Code du travail ; il peut seulement organiser le fonctionnement interne de l’instance.
Ces conditions sont valables pour les deux tours de l’élection du CSE, mais les modalités de candidature diffèrent selon le tour. Pour le premier tour, seules les organisations syndicales représentatives peuvent déposer des listes. En revanche, au second tour, tout salarié éligible peut se présenter à titre individuel.
| Tour | Présentation requise | Candidat individuel autorisé | Délai de candidature |
| Premier tour | Listes par organisations syndicales représentatives obligatoires | Non | Fixé par protocole (souvent 15 jours avant scrutin, après avis d’élection affiché 30 jours avant) |
| Second tour | Non requise | Oui, si éligible | 15 jours après premier tour maximum |
Une absence de candidature au premier tour ne modifie pas les conditions d’éligibilité. Un salarié qui n’est pas éligible initialement ne le devient pas au tour suivant. L’employeur doit systématiquement vérifier la validité des candidatures déposées librement après une absence de candidat.
Différences entre premier et second tour de candidature
Le premier tour repose uniquement sur des listes proposées par les organisations syndicales représentatives. La question de qui peut être éligible CSE à ce stade dépend donc du choix de ces organisations syndicales. Elles sont libres de présenter, ou non, des candidats dans chaque collège électoral.
Le second tour introduit la possibilité pour tout salarié éligible de se porter candidat directement, sans soutien syndical. Cette procédure est prévue pour pallier l’absence de candidat au premier tour. L’employeur doit alors communiquer clairement sur les modalités de dépôt des candidatures.
Le CSE assure trois missions principales : la représentation du personnel, la consultation sur les orientations stratégiques et la protection de la santé et sécurité au travail. Ces responsabilités constituent le cœur des missions CSE. Elles demeurent fondamentales pour le dialogue social, même en cas de difficulté à pourvoir les postes.
Cas particuliers : CDD, intérimaires et salariés mis à disposition
Les salariés en CDD peuvent être éligibles sous réserve de remplir les conditions légales applicables à l’éligibilité au CSE. La discontinuité des contrats n’est donc pas un frein à leur participation à l’élection du CSE.
Les salariés intérimaires et les salariés mis à disposition obéissent à des règles spécifiques d’électorat et d’éligibilité qui doivent être appréciées au cas par cas. Cela reconnaît leur intégration effective au sein de la structure. Toutefois, leur inclusion dans le collège électoral doit être prévue par le protocole d’accord préélectoral.
Les salariés mis à disposition par une entreprise extérieure conservent un lien avec leur employeur d’origine, mais peuvent être éligibles dans l’entreprise où ils sont affectés. La jurisprudence admet leur candidature après douze mois de présence, sous réserve que le protocole d’accord préélectoral le permette. Cela favorise une représentation équitable de tous les travailleurs.
Conséquences juridiques de l’absence de CSE
Le fait de ne pas constituer le comité social et économique expose l’employeur à des risques juridiques et administratifs majeurs. En situation de carence totale, l’employeur reste tenu de ses obligations légales, notamment en matière de santé, sécurité et de consultations imposées par le Code du travail. Il se retrouve ainsi contraint de gérer personnellement les consultations obligatoires et les missions essentielles liées à la santé et à la sécurité.

Décisions bloquées sans représentants du personnel
L’absence de CSE fragilise les procédures qui supposent une consultation préalable et peut entraîner l’irrégularité de certaines décisions prises sans respecter les obligations légales. Cette situation concerne notamment les licenciements collectifs pour motif économique ou pour inaptitude physique. De même, la mise en place d’un intéressement ou la modification du règlement intérieur deviennent des démarches risquées, susceptibles d’être annulées.
L’employeur ne peut pas invoquer cette absence pour se soustraire à ses obligations. Il se doit de consulter les organisations syndicales représentatives ou de trouver une alternative. Toute décision prise unilatéralement, sans respecter cette procédure, s’expose à un recours aux prud’hommes. Cela aboutit fréquemment à l’annulation de l’acte contesté et au paiement de dommages-intérêts.
- Licenciement économique : l’employeur a l’obligation impérative de consulter les représentants du personnel avant d’en informer les salariés concernés.
- Licenciement pour inaptitude : ’employeur doit rechercher un reclassement adapté et respecter les consultations obligatoires lorsque le Code du travail les impose.
- Modification du règlement intérieur : toute nouvelle clause relative à la discipline ou aux conditions de travail nécessite une consultation préalable.
Cette obligation légale demeure tout au long de la période de carence, jusqu’à la tenue de nouvelles élections. L’entreprise doit par conséquent anticiper cette organisation des élections pour que ses décisions stratégiques ne soient pas remises en cause.
Sanctions en cas de non-respect des obligations
Les obligations de l’employeur relatives à la mise en place du CSE sont strictes et leur non-respect est sévèrement sanctionné. L’absence ou le retard dans l’organisation des élections CSE malgré l’effectif requis (≥11 salariés pendant 12 mois) constitue un délit d’entrave (L.2317-1), passible d’1 an d’emprisonnement et 7 500 € d’amende (37 500 € pour personne morale).
Au-delà du risque pénal, l’entreprise s’expose à de coûteuses sanctions civiles, qui peuvent être réclamées par les salariés ou leurs syndicats. Ces derniers peuvent demander l’annulation des décisions prises sans consultation, ainsi que le versement d’indemnités financières. L’employeur peut s’exposer à des sanctions civiles et pénales en cas de manquement à ses obligations électorales ou de carence non régularisée.
Gestion des missions CSE pendant la carence
Même en situation de carence totale, l’employeur reste tenu de respecter ses obligations en matière de santé, sécurité et dialogue social, mais il n’exerce pas les missions du CSE à la place de l’instance. Pour y parvenir, il peut confier ces tâches à un membre du personnel en interne ou faire appel à des consultants spécialisés.
En période de carence totale, il n’y a pas de CSE élu à alimenter ; il faut éviter de présenter comme obligatoire un provisionnement automatique du budget. L’employeur peut toutefois choisir, à titre volontaire, de mettre en réserve des sommes afin de disposer d’un budget dès la mise en place du CSE ; il est alors recommandé d’affecter ces montants à la nouvelle instance élue, dans un souci de continuité et de qualité du dialogue social.
Relancer les élections après un procès-verbal de carence
Lorsqu’un procès-verbal de carence a été établi, relancer les élections professionnelles impose de respecter strictement les règles du code du travail en matière de délais et de procédure. Un délai de six mois suit l’établissement du procès-verbal de carence : pendant cette période, les salariés et organisations syndicales ne peuvent pas imposer de nouvelles élections CSE. Passé ce délai, une demande écrite d’un salarié ou d’une organisation syndicale impose à l’employeur de relancer la procédure électorale, tout en conservant la possibilité d’anticiper cette relance. Cette procédure de relance des élections CSE nécessite de recommencer l’intégralité du calendrier électoral, en veillant à appliquer scrupuleusement les dispositions légales.
Délai et procédure pour organiser de nouvelles élections
L’organisation de nouvelles élections peut être lancée par l’employeur à l’issue des six mois, ou à la suite d’une demande écrite d’un salarié ou d’un syndicat. Dès réception de la demande, l’employeur doit engager sans tarder la procédure électorale selon le calendrier légal applicable.
- Six mois minimum : cette période d’attente est obligatoire avant d’envisager de nouvelles élections, sauf exceptions prévues par la loi.
- Demande écrite : un salarié ou une organisation syndicale peut demander la relance du processus électoral en adressant un courrier à la direction.
- Négociation du protocole d’accord préélectoral : l’employeur doit réunir les partenaires sociaux pour établir le protocole dans le mois suivant la demande.
- Calendrier complet : la procédure comprend l’affichage, le dépôt des nouvelles candidatures, l’organisation du premier tour et, le cas échéant, d’un second tour.
Cette nouvelle tentative suit exactement le même processus. En cas de nouvelle carence, un second PV de carence est établi, prouvant à nouveau le respect des obligations sans empêcher une nouvelle relance après 6 mois sur demande écrite d’un salarié ou syndicat.
Comment encourager les salariés à se porter candidat ?
Pour stimuler l’émergence de nouvelles candidatures après un premier échec, l’employeur et les syndicats ont tout intérêt à renforcer leur communication. Il est souvent efficace d’organiser des sessions d’information sur le rôle du CSE et de rassurer sur les moyens disponibles, tels que les crédits d’heures ou la protection juridique.
- Réunions d’information collective : ces moments permettent d’expliquer clairement les missions en santé-sécurité ou les activités socio-culturelles, ainsi que les droits des élus.
- Formation préparatoire financée : proposer des formations courtes aide à réduire l’appréhension liée au manque d’expérience pour des postes comme secrétaire ou trésorier.
- Accompagnement personnalisé : échanger avec un expert ou un élu expérimenté permet de mieux comprendre les enjeux et opportunités du mandat.
Chez Joriana, nous proposons des modules participatifs conçus pour démystifier la fonction d’élu et mettre en valeur les compétences acquises, comme la gestion de projet. Souvent, ces actions de sensibilisation suffisent à transformer les hésitations en engagement concret pour les futures élections CSE.
Foire aux questions
Que se passe-t-il légalement si aucun candidat ne se présente aux élections du CSE ?
Lorsqu’aucun candidat ne se présente au premier tour ni au second tour, l’employeur se retrouve dans un cas de carence. Il est alors légalement obligé de rédiger un procès-verbal de carence dans un délai de quinze jours suivant la clôture du scrutin. Le procès-verbal de carence ne dispense pas définitivement l’employeur de relancer le processus électoral : une nouvelle demande peut intervenir après six mois.
Le code du travail impose cette démarche pour garantir une traçabilité administrative et tenir le personnel informé de la situation. Malgré cette absence de candidat, l’employeur demeure tenu par ses obligations légales, notamment celles liées à la santé, à la sécurité et aux consultations obligatoires. Il peut alors devoir mettre en place des mécanismes alternatifs, comme des réunions d’information, pour compenser l’absence d’instance représentative.
Peut-on modifier le règlement intérieur du CSE en cas d’absence de candidat pour certains postes ?
Non, le règlement intérieur du CSE ne peut pas créer de solutions de substitution aux règles légales d’élection ou de désignation des élus. Il peut seulement organiser le fonctionnement interne de l’instance dans le respect du Code du travail. Ces aménagements assurent la continuité des activités de l’instance et évitent qu’elle ne soit paralysée.
Ce genre de modification doit être voté lors d’une réunion extraordinaire, à organiser rapidement après la constatation de la vacance du poste. Il est impératif que les organisations syndicales soient conviées à participer à cette séance de révision. Le procès-verbal de la réunion devra ensuite être signé par le président et le secrétaire désigné.
Quels sont les droits des salariés en cas de carence totale du CSE ?
En cas de carence totale, les salariés ne perdent pas leurs droits fondamentaux. Ils conservent notamment leur droit à la protection de leur santé et de leur sécurité au travail, ainsi que l’accès aux informations économiques de l’entreprise. La gestion des activités sociales et culturelles ne doit pas être présentée comme automatiquement transférée ou maintenue de la même manière qu’avec un CSE en place. De plus, les salariés ont la possibilité de demander l’organisation de nouvelles élections après un délai de six mois.
Si l’employeur ne respecte pas ces droits, il est possible d’engager une action en justice devant le tribunal judiciaire ou le conseil de prud’hommes. Ce recours permet d’annuler des décisions illégales ou de réclamer des dommages-intérêts pour le préjudice subi. Les organisations syndicales peuvent aussi saisir la justice pour défendre les intérêts collectifs des salariés.